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Vers une meilleure crédibilité des tests de résistance

Corporate Governance Stress Test
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Voici le « scénario adverse » envisagé en 2014 par les tests de résistance pour évaluer la capacité des plus grandes banques françaises à faire face à une dégradation des conditions économiques et financières.

Crée en 1990 par les Banques Centrales et les autorités en charge de la supervision bancaire, ces scénarios sont appliqués aux portefeuilles des banques (crédits, placements…) au travers d’un audit approfondi de leurs bilans.

Le premier, dit "scénario central", reflète les prévisions macroéconomiques. Ses résultats sont ensuite comparés à ceux que génère le deuxième scénario dit "adverse" ou "stressé", reflet des risques les plus nuisibles à la stabilité du secteur financier et spécifique à chaque pays. On estime, par exemple, que le scénario appliqué à la France est plus sévère que le choc appliqué à l’économie espagnole. En effet, il est très différent d’appliquer un choc de PIB de 3% à une économie qui croît en moyenne de 1% à une économie qui croît d’environ 7% en moyenne par an. De plus, même quand les deux économies croissent en moyenne de 1%, si l’une d’entre elle est plus volatile que l’autre, alors le choc ne sera pas d’ampleur identique. L’historique des économies doit également être pris en compte pour déterminer les scénarios de chaque pays.

Cette analyse permet de mesurer l’impact du stress sur les volumes et les risques de crédit portés par les banques sur la valeur de leur actif et in fine sur leur ratio de solvabilité. Suite aux résultats, la BCE peut imposer aux banques soit d’augmenter leurs fonds propres, soit de mettre en place des restructurations.

Indispensables en analyse de risques, ces stress test font néanmoins l’objet de nombreuses controverses, remettant fortement en cause la fiabilité et la crédibilité même des épreuves. En témoignent les résultats favorables de Dexia au test de résistance de 2011. Jugée suffisamment solide pour faire face à un fort impact économique ou financier, la banque franco-belge rencontre trois mois après la publication des résultats des difficultés financières.

Face à cet historique et à l’échec du précédent test, il est légitime de nous interroger sur la pertinence des tests de résistance réalisés en 2014. Même si les tests de résistance sont relativement moins ambitieux que ceux pratiqués aux Etats-Unis depuis 2009, ils restent tout de même beaucoup plus exigeants que ceux réalisés en 2010 et 2011. Trois raisons principales à cela :

  1. Ils introduisent une année supplémentaire de récession, avec un scénario sur 3 ans au lieu de 2 ans, 
  2. La BCE a inspecté environ 85% de l’actif bancaire de l’union monétaire, ce qui représente 130 des plus grandes banques européennes au lieu de 91 banques auparavant,
  3. Le « scénario adverse » est plus pessimiste que les précédents tests.

Les résultats sont encourageants. Sur les 130 établissements, seulement 25 banques européennes se retrouvaient avec un ratio de solvabilité inférieur au seuil requis de 5,5%. Les banques françaises qui ont passé l’examen avec succès, peuvent ainsi résister au scénario le plus pessimiste. Le secteur bancaire français se caractérise, en effet, par un niveau de capitalisation élevé, supérieur à la moyenne européenne.

Imparfaits, ces tests de résistance montrent néanmoins les efforts réalisés ces dernières années par les banques européennes. Nous pouvons désormais considérer que le système financier européen est mieux encadré et plus résistant pour face aux divers risques apparus en 2008. Le réel problème de ces risques est qu’ils ne se reproduisent jamais à l’identique, étant donné qu’ils ont toujours une longueur d’avance sur notre système financier.

Dans ce contexte, les établissements financiers doivent se doter d’outils de gestion des risques fiables leur permettant de traiter leurs problématiques de stress testing, de gestion des données et de management des risques opérationnels. Ces plateformes possèdent la capacité de garantir une sécurité et une fiabilité plus forte des données participantes à la réalisation d’un stress test. Ce que ne peut garantir aujourd’hui une organisation basée sur un outil de type Microsoft Excel.

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Voici le « scénario adverse » envisagé en 2014 par les tests de résistance pour évaluer la capacité des plus grandes banques françaises à faire face à une dégradation des conditions économiques et financières.

Crée en 1990 par les Banques Centrales et les autorités en charge de la supervision bancaire, ces scénarios sont appliqués aux portefeuilles des banques (crédits, placements…) au travers d’un audit approfondi de leurs bilans.

Le premier, dit "scénario central", reflète les prévisions macroéconomiques. Ses résultats sont ensuite comparés à ceux que génère le deuxième scénario dit "adverse" ou "stressé", reflet des risques les plus nuisibles à la stabilité du secteur financier et spécifique à chaque pays. On estime, par exemple, que le scénario appliqué à la France est plus sévère que le choc appliqué à l’économie espagnole. En effet, il est très différent d’appliquer un choc de PIB de 3% à une économie qui croît en moyenne de 1% à une économie qui croît d’environ 7% en moyenne par an. De plus, même quand les deux économies croissent en moyenne de 1%, si l’une d’entre elle est plus volatile que l’autre, alors le choc ne sera pas d’ampleur identique. L’historique des économies doit également être pris en compte pour déterminer les scénarios de chaque pays.

Cette analyse permet de mesurer l’impact du stress sur les volumes et les risques de crédit portés par les banques sur la valeur de leur actif et in fine sur leur ratio de solvabilité. Suite aux résultats, la BCE peut imposer aux banques soit d’augmenter leurs fonds propres, soit de mettre en place des restructurations.

Indispensables en analyse de risques, ces stress test font néanmoins l’objet de nombreuses controverses, remettant fortement en cause la fiabilité et la crédibilité même des épreuves. En témoignent les résultats favorables de Dexia au test de résistance de 2011. Jugée suffisamment solide pour faire face à un fort impact économique ou financier, la banque franco-belge rencontre trois mois après la publication des résultats des difficultés financières.

Face à cet historique et à l’échec du précédent test, il est légitime de nous interroger sur la pertinence des tests de résistance réalisés en 2014. Même si les tests de résistance sont relativement moins ambitieux que ceux pratiqués aux Etats-Unis depuis 2009, ils restent tout de même beaucoup plus exigeants que ceux réalisés en 2010 et 2011. Trois raisons principales à cela :

  1. Ils introduisent une année supplémentaire de récession, avec un scénario sur 3 ans au lieu de 2 ans, 
  2. La BCE a inspecté environ 85% de l’actif bancaire de l’union monétaire, ce qui représente 130 des plus grandes banques européennes au lieu de 91 banques auparavant,
  3. Le « scénario adverse » est plus pessimiste que les précédents tests.

Les résultats sont encourageants. Sur les 130 établissements, seulement 25 banques européennes se retrouvaient avec un ratio de solvabilité inférieur au seuil requis de 5,5%. Les banques françaises qui ont passé l’examen avec succès, peuvent ainsi résister au scénario le plus pessimiste. Le secteur bancaire français se caractérise, en effet, par un niveau de capitalisation élevé, supérieur à la moyenne européenne.

Imparfaits, ces tests de résistance montrent néanmoins les efforts réalisés ces dernières années par les banques européennes. Nous pouvons désormais considérer que le système financier européen est mieux encadré et plus résistant pour face aux divers risques apparus en 2008. Le réel problème de ces risques est qu’ils ne se reproduisent jamais à l’identique, étant donné qu’ils ont toujours une longueur d’avance sur notre système financier.

Dans ce contexte, les établissements financiers doivent se doter d’outils de gestion des risques fiables leur permettant de traiter leurs problématiques de stress testing, de gestion des données et de management des risques opérationnels. Ces plateformes possèdent la capacité de garantir une sécurité et une fiabilité plus forte des données participantes à la réalisation d’un stress test. Ce que ne peut garantir aujourd’hui une organisation basée sur un outil de type Microsoft Excel.